Les accidents domestiques de l’enfant: ça n'arrive pas qu'aux autres...

July 2, 2014

Ces accidents surviennent dans la maison ou dans ses abords immédiats.

Ils sont malheureusement responsables de près de 400 décès annuels et les enfants de moins de 5 ans y sont les plus exposés. Selon les différentes tranches d’âge, ils représentent 80% des accidents  de 0 à 4 ans, 50% des 5 à 9 ans et 35% des 10 à 14 ans. Ils surviennent surtout lors de jeux pour 36% des cas ou des déplacements pour 25% des cas. Ça fait réfléchir n’est-ce pas ?

 

Allons un peu plus loin alors;

 

La hantise de beaucoup de parents, la cuisine ! Elle reste le lieu le plus à risque pour les plus petits, avec le risque de chute, de choc et de traumatismes divers, celui des brûlures, d’intoxications et des corps étrangers avalés.

"Attention ça va faire mal" : 1 accident sur 3 à lieu dans la cuisine ! Alors bien sûr qu’il est très intéressant de laisser un petit coin dédié à l’enfant dans la cuisine afin qu’il puisse se servir et prendre ses couverts, verres et autres mais il est aussi préférable de sécuriser au maximum cette pièce. Des accessoires de sécurité enfant sont disponibles à la  vente.

 

La salle de bain et la salle à manger se positionnent derrière quand même avec 1 cas sur 5.

Mais la salle de bain se rattrape en force ! Elle est le lieu de certaines chutes de table à langer, de noyades et de brulures accidentelles, d’intoxications par les médicaments et les produits ménagers.

Pourtant c’est quand même étrange car on nous bassine avec cette histoire de chute de la table à langer et des produits dangereux à mettre hors de la portée des enfants depuis la sortie de la maternité néanmoins "ces chutes résistent encore et toujours à l’envahisseur…" Il faut juste se dire que cela n’arrive pas qu’aux autres et le but ici n’est culpabiliser personne, mais juste de prendre conscience que ce type d’accident arrive si vite et bien évidemment lorsqu’on ne se serait jamais douté que notre petit pouvait se retourner le temps qu’on attrape de quoi le vêtir juste derrière nous pourtant….

 

Petit résumé des différents accidents :

 

Les traumatismes : chutes, plaies, sections

 

Les chutes :

 

Elles sont les plus fréquentes dans 85% des cas.  On distinguera trois grandes catégories de chutes :

 

  • celles qui surviennent alors que l’enfant est installé dans un matériel de puériculture

  • les chutes de la propre hauteur de l’enfant ou de faible hauteur parce qu’il escalade un mobilier

  • celles de plus de 3 mètres qui sont bien évidemment les plus graves (chutes d’escaliers, lits superposés, défenestration)

 

L’attitude à adopter :

 

Il s’agit déjà dans un premier temps de constater s'il y a ou non une perte de connaissance car il en découlera ainsi deux sortes de comportements bien distincts.

 

-Pas de perte de connaissance : une simple surveillance suffit. Il crie ou pleure et reste même un peu pâle. Le médecin traitant ou à défaut celui du 15 donnera les conseils de surveillance par téléphone, c’est-à-dire de consulter ou d’emmener l’enfant à l’hôpital si l’enfant présente ultérieurement des troubles de la conscience ou du comportement, des vomissements, une impotence partielle ou totale d’un membre, une asymétrie pupillaire, des troubles du langage. Si l’enfant a des convulsions, il faut le coucher immédiatement sur le côté et appeler le 15. Afin de ne pas passer à côté d’un état comateux, il est nécessaire de réveiller l’enfant toutes les 3 heures. Une surveillance accrue doit être menée pendant 48 heures.

 

-Perte de connaissance : si la perte de connaissance est brève, le choc a du être relativement violent ; il est bon alors qu’un médecin voit l’enfant, mais neuf cas sur dix il retournera chez lui avec la poursuite de la surveillance.

La perte de connaissance se prolonge ; il est conseillé alors la mise en « position latérale de sécurité » avant l’arrivée du SAMU et la surveillance des fonctions vitales (respiration, fréquence cardiaque).

 

 

Les plaies:

 

Pour les plaies, elles doivent être comprimées avec un tissu, suffisamment longtemps (plus de 3 minutes) afin d’arrêter le saignement, avant d’être désinfectées et pansées efficacement.

Les morsures d’animaux, et notamment de chien seront soigneusement lavées plusieurs fois à l’eau claire et au savon, pour éviter que la salive souillée de nombreux microbes ne pénètre à l’intérieur des lésions souvent profondes.

 

Pour les sections de membres ou arrachement, il est conseillé de ne plus mettre de garrot, mais de faire un pansement très compressif et bien maintenu en place sur la tranche de section en remontant vers la racine du membre. Le fragment arraché ou sectionné, mis dans un petit linge propre, doit être introduit dans un sac plastique suffisamment épais, placé ensuite sur une source réfrigérante et tourné régulièrement pour permettre un maintien au froid sans gelure. L’appel du 15 est primordial.

 

 

Les intoxications :

 

Elles restent très nombreuses, alors qu’elles pourraient être réduites à peu de choses avec un peu de sagesse, d’ordre de rangement, d’attention et la suppression de transvasement de produits dangereux dans des récipients alimentaires ou de bouteilles d’eau minérale par exemple. Les produits caustiques, soude caustique, potasse, ammoniac, détartrants acides, antirouille, produits de lavage, donnent des brûlures oropharyngées, laryngées et oesophagogastriques qui doivent rapidement être vues et traitées par l’ORL  après fibroscopie.

Les cosmétiques peuvent eux aussi entrainer des intoxications alcooliques.

Enfin les produits phytosanitaires (insecticides, herbicides…) peuvent donner de redoutables intoxications avec des signes musculaires, neurologiques, cardiorespiratoires et digestifs.

 

L’attitude à adopter 

 

 Téléphoner au centre antipoisons régional (il en existe actuellement 13 en France, pour Paris: 01 40 05 48 48) ou au centre 15 permet d’éviter de faire un mauvais geste, d’avoir la bonne information dès la reconnaissance de l’absorption accidentelle, et d’éviter à de nombreux enfants de se présenter aux urgences, alors que le produit incriminé ne présente aucun réel danger par sa nature ou sa quantité absorbée .

 

 

Les brûlures :

 

Elles touchent majoritairement les enfants de moins de 3 ans qui sont victimes de brulures par liquides ou solides chauds.

 

 

L’attitude à adopter 

 

Devant toute brûlure il faut faire couler immédiatement de l’eau fraiche (environ 15°-20°) pendant 5 minutes et à 15 cm de la peau, en protégeant le reste du corps chez le petit, pour ne pas risquer une hyperthermie, qui lui serait dommageable.

Les vêtements en tissu naturel (coton, laine, lin)doivent être retiré au préalable, mais les vêtements synthétiques ou à prédominance de fibres synthétiques seront laissées au contact de la peau afin de ne pas risquer d’aggraver les lésions car ils collent à la peau brûlée.

Puis il faut ensuite protéger la brulure par un linge propre avant de consulter aux urgences ou en attendant les secours.

Les petites brulures bénéficient d’un pansement avec de la pommade Biafine© en couche épaisse ou de Tulle gras bétadiné. Attention la Biogaze© est interdite avant 8 ans en raison du camphre qu’elle renferme et qui provoquer une intoxication de l’enfant.

 

 

Les noyades :

 

Elles sont peu fréquentes, environ 400 à 500/an, mais d’une haute gravité.

Les plus nombreuses sont les noyades domestiques (baignades, piscine privée, bassin, marre) et les noyades en eau froide, qu’elle soit dormante (lac, étang) ou courante (canal, rivière, torrent…).

Ce n’est pas parce qu’un nourrisson sait tenir assis, qu’il est en sécurité ; le laisser seul dans son bain même sur ou dans un dispositif d’aide au bain du nourrisson, présente des risques importants.

 

L’attitude à adopter 

 

Si l’enfant est conscient et respire normalement, le déshabiller si nécessaire, l’essuyer et le recouvrir avec une couverture, tout en le couchant en position latérale de sécurité.

Le bouche-à-bouche sera nécessaire, si l’enfant a une irrégularité respiratoire ou un arrêt respiratoire, cyanosé, sans trouble cardiaque. L’arrêt cardiorespiratoire nécessite d’emblée les gestes de premier secours pour rétablir la liberté des voies aériennes, la ventilation alvéolaire, l’oxygénation et une circulation sanguine efficace. La ventilation au rythme de 30 compressions thoraciques ­alternées avec 2 insufflations d'air par la bouche reste recommandée. Au préalable, il faut éliminer l’eau que l’enfant a avalée au moment de la noyade, en lui appuyant fortement dans le dos au niveau des reins pendant quelques secondes ce qui évacuera l’eau, avant de recommencer la réanimation nécessaire.

"Une étude américaine récemment publiée a démontrée que Les chances de survie des patients sont en effet passées de 18% à 34% depuis que l'on ne ventile plus les victimes. Même si, lorsque la personne présente un arrêt cardiaque, la respiration s'arrête. Depuis 2003, l'État d'Arizona recommande aux témoins d'un arrêt cardiaque de ne plus faire de bouche-à-bouche et de se contenter du massage cardiaque pour faire circuler le sang. Sauf en cas de noyade, d'électrocution ou lorsqu'il s'agit d'un enfant". Dans ces trois situations, la ventilation est préconisée comme décrite plus haut.

 

 

Les asphyxies mécaniques :

 

Il s’agit de strangulation avec ce que porte ou se met le nourrisson autour du coup (chainette, cordelette, cordon de rideau ; chaine du chien, sac en bandoulière…), de respiration en atmosphère confinée (sac plastique sur la tête, enfermement dans un meuble) ou écrasement cervico-thoracique (porte de garage automatique, renversement de mobilier lourd, conteneur municipal de déchets, galerie souterraine qui s’écroule…)

Mais il y aussi les obstructions totales du pharyngo-larynx par un gros corps étranger, plus souvent alimentaire (grain de raisin, feuille de salade, morceau de banane, de pain dur, de biscuit dur, bonbon anglais, chewing-gum) qu’un fragment de jouet ou un gros jouet. L’asphyxie est très rapide et menaçante sur le plan vital en quelques minutes.

L’enfant ne peut ni tousser, ni parler, la respiration bloquée, les pupilles se dilatent, la cyanose se généralise et la perte de conscience suit rapidement.

 

L’attitude à adopter 

 

Il faut pratiquer d’urgence soit la « manœuvre de Heimlich » ou soit « la manœuvre de Mofensson » ( comme expliqué dans la vidéo) afin d’extraire le corps étranger bloqué en sus-glottique ou glottique par le violent courant aérien provoqué par l’une ou l’autre des manœuvre. La manœuvre est à répéter autant que possible afin d’extraire l’objet.

 

 

Les corps étrangers non asphyxiques

 

Ils sont très fréquents mais ne présentent que rarement une gravité potentielle (objet pointu ou représentant des arêtes vives). Il faut se méfier des objets qui se coincent dans la partie haute de l’œsophage et qu’il faudra aller chercher par fibroscopie (pièce de monnaie ou gros noyau de fruit), des piles bouton dont l’élimination soit être rapide pour ne pas risquer des  perforations intestinales.

Les corps étrangers introduits dans les fosses nasales ou le conduit auditif sont l’affaire exclusive de l’ORL. Vouloir les extraire soi-même n’est pas conseillé du tout, car l’objet est le plus souvent repoussé plus loin ou provoque des lésions.

Les corps étrangers oculaires doivent être protégés par un pansement occlusif non compressif avant la consultation ophtalmologique.

Le syndrome de « fausse route » se traduit par une violente quinte de toux qui dure quelques minutes avec agitation et cyanose-rougeur du visage.

 

 

 

Et vous quelle est votre expérience face aux accidents domestiques de l'enfant?

Venez témoigner...

 

Sandra, le 5 Juillet 2014

Bonjour,

Je ne sais pas si ce que je fais est exceptionnel mais voici : Nous avons mis des cache prises à toutes les prises, mis des protection contre l'ouverture de certains tiroirs (salle de bain, chambre et salon) nous avons aussi mis des cales portes (chambre et salon) car les petits adorent jouer à fermer la porte dès qu'ils rampent.  Finalement, j'ai mis une porte de protection coulissante dans notre cuisine de marque Lascal "Kiddy guard".  La particularité c'est qu'elle peut aller d'une largeur de 0 à 100cm, complètement adaptable et quand elle est ouverte et bien elle s'enroule.  Ce qui veut dire que je n'ai pas l'impression d'avoir des protections bb partout et personne de la voit :)

Voilà, de mémoire je pense avoir fait le tour !

 

 

Pour aller plus loin:

 

 http://www.croix-rouge.fr/Je-me-forme/Particuliers/Les-6-gestes-de-base

 

http://www.croix-rouge.fr/Je-me-forme/Particuliers/Initiation-aux-premiers-secours-enfant-et-nourrisson

 

 

 

 

Sources: "Impact Médecin Hebdo:Les dossiers du pratictien"-"Figaro.fr"

 

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