Et si on se présentait? Zoom sur le métier d'auxiliaire de puériculture

September 1, 2014

C’est bientôt la rentrée et votre petit va peut-être rentrer à la crèche ou la halte-garderie. Il va découvrir un nouvel univers  et être entouré de nouvelles personnes qui vont s’occuper de lui.

Mais qui sont ces personnes qui passent la plus grande partie de la journée auprès de nos enfants ?

Cette semaine, zoom sur l’un des corps de métier présents au sein des structures d’accueil de la petite enfance.

 

Dans les établissements d’accueil de la petite enfance, plusieurs types de professionnels peuvent y travailler, tout dépend de l’envergure de la structure : des auxiliaires de puériculture (zoom de la semaine), des éducateurs de jeunes enfants (EJE), des CAP Petite Enfance, des infirmières puéricultrices, des psychologues, des psychomotriciennes et des agents de service.

 

Nous nous attacherons plus particulièrement à découvrir le métier d’auxiliaire de puériculture en crèche.

Le métier d’auxiliaire de puériculture est majoritairement dominé par la gente féminine et il est assez rare de trouver des hommes auxiliaires de puériculture, bien que la présence d’un homme au sein d’équipes exclusivement féminines soit vraiment bénéfique.

 

L’auxiliaire de puériculture est amenée à partager les moments et instants repères composant la journée de l’enfant. Elle l’assiste dans ces moments clés que sont l’éveil, le repas de midi, l’endormissement, la sieste et le goûter. Elle est donc un repère dans la vie quotidienne de l’enfant et pour cette raison elle a en quelque sorte une responsabilité concernant ses actes pour le devenir de cet enfant qui grandit au sein de la structure d’accueil.

Je n’ai pas souhaité faire une présentation classique du métier, type « fiche métier » mais plutôt laisser parler celles qui vivent ces moments avec nos enfants au sein de ces structures. Plusieurs auxiliaires de puériculture ont accepté de faire découvrir leur métier d’un autre point de vue, de partager leurs impressions concernant l’accueil, ses conditions et les rapports avec les parents qui peuvent parfois s’avérer délicats.

 

Il est question ici de faire mieux connaître aux parents ce que vivent leurs enfants en structure mais aussi et surtout du travail et de la réflexion mis en œuvre derrière afin de pouvoir offrir un accueil des plus bienveillants à leurs enfants.

Voici Adèle, Adeline et Mélodie, trois auxiliaires de puériculture qui exercent en crèche collective. Adèle travaille depuis deux ans en crèche collective publique à la ville de Paris, Adeline depuis plus de 3 ans dans une crèche inter-entreprises près de Montpellier et Mélodie qui exerce depuis quelques années est actuellement en crèche privée.  

 

 

-Quelle est la tranche d’âge des enfants avec lesquels vous travaillez ?

 

 Adèle : Cette année, je me suis occupée d’enfants âgés de 3 à 11 mois (en début d’année).

Adeline : 2 mois ½ -18 mois (section bébés/moyens)

Mélodie : J'ai beaucoup travaillé avec les plus jeunes et aussi dans une section d’âge mélangé et une autre de « moyens/grands ».

 

-Dans quelle plage horaire la structure accueille-t-elle des enfants ?

 

Adèle : La crèche est ouverte de 7h30 à 18h30.

Adeline : De 6h30 à 20h

Mélodie : 7h30-19h

 

-Le système de référence fait-il partie du projet pédagogique ? Si oui, décrivez comme la référence est mise en place au sein de la section.

 

On parle de système de référence ou personne de référence « lorsqu’ il s’agit d'une personne ressource pour l'enfant et sa famille? Ou est-ce un substitut parental pendant le temps d'accueil à la crèche? Tout dépend de l'âge de l'enfant et du degré d'étayage du petit et de ses parents. La référente est, avant tout, une personne "placée en situation de responsabilité par la structure qui coordonne les échanges parents-enfant-professionnels vis à vis de l'accueil de l'enfant et de sa famille".

 

Adèle : Le système de référence au sens stricte a volontairement été laissé de côté dans la crèche où je travaille, car c’est un mode de fonctionnement qui a montré de nombreuses limites dans le cadre de l’accueil en collectivité : les horaires et congés des professionnelles rendent en effet impossible pour une même auxiliaire de s’occuper exclusivement d’un groupe d’enfants tout au long de l’année. D’autre part, on a pu observer qu’une plus grande ouverture au monde et aux autres (jalonnée de repères bien entendu) était bien plus bénéfique à l’éveil des tout petits que l’exclusivité que propose ce système.

Voilà pourquoi notre projet pédagogique propose une référence partielle : 2 auxiliaires s’occupent d’un groupe de 11 bébés, et les 2 sont en quelque sorte « référentes » de tous les enfants : ainsi, quand l’une a fini sa journée ou est en vacances, les enfants conservent leurs repères. De même, lorsque les enfants changent de section en fin d’année, au moins une des 2 professionnelles suit le groupe pour maintenir ce lien.

Néanmoins, au sein d’une même journée, une professionnelle va s’occuper plus particulièrement d’une partie du groupe et prendre en soin ces quelques enfants pour tous les « temps forts » de leur journée : repas, change, endormissement. C’est ce que l’on appelle le suivi des soins : ce mode de fonctionnement évite à l’enfant d’être balloté d’un adulte à l’autre, ce qui serait très insécurisant, et est selon moi bien plus porteur de sens que la référence.

 

Adeline : Oui : prise en charge de l’enfant par la référente lorsque l’enfant n’est pas bien, est en demande et au maximum dans les moments de repas et de changes (avec l’amplitude horaire, la référente n’étant pas présente sur la journée entière, l’enfant pris en charge en début de journée par une personne autre que la référente continuera d’être pris en charge par cette même personne sur son amplitude horaire)

 

Mélodie : On travaille en relais et binôme de référence, donc lors de la rentrée on a établi des binômes de travail : on est 4 professionnelles chez les bébés (1 Educatrice de jeunes enfants, 1 Auxiliaire de puériculture et 2 CAP Petite Enfance).

Nous  effectuons 4 types d’accueils d'enfants et de sa famille par jour; 2 le matin et 2 l'après-midi.

Le binôme n'a pas les mêmes horaires : une du  matin l'autre du soir comme ça l'enfant et sa famille peuvent s'identifier surtout pour les premiers temps aux mêmes professionnelles,  ce qui est rassurant puis au fur et à mesure nous passons au travail en relais c’est-à-dire que nous avons appris à  mieux connaître l’enfant et que le système de référence n’est plus alors exclusif.  Le travail en relais s’explique par le fait que toute professionnelle de la structure  a côtoyé l'enfant et connait son rythme, qu’une professionnelle commence quelque chose et le finit avec l'enfant si elle commence un soin dans la salle de bain avec l'enfant elle ne s'occupe que de ça, si elle commence un repas elle le finit, on essaye de pouvoir être dans la continuité des soins le plus possible et au moment où on a fini un temps avec un enfant si on ne peut pas continuer (départ, pause déjeuner...) on explique à l'enfant que c'est telle professionnelle  qui va continuer à s'occuper de lui et cette professionnelle  prend le relais sur le déroulement de la journée de cet enfant .

 

-Pourriez-vous décrire quel moment de votre journée avec l’enfant vous préférez partager ?

 

Adèle : Le moment que je préfère est celui du repas, car il permet de partager un temps particulier avec un enfant individuellement, durant lequel les interactions sont multiples. C’est un moment riche d’échanges, de plaisir pour l’enfant et bien sûr d’apprentissage dans lequel notre rôle est essentiel.

Adeline : Les moments de jeux libres où l’on peut observer plus attentivement l’enfant et découvrir alors ses progrès, ses difficultés. L’enfant se dévoile. On observe alors dans ces moments des points importants que l’on ne peut voir dans les autres moments par faute de temps, par faute de l’effet groupe.

Mélodie : Mon moment préféré est le moment où le parent nous confie son enfant, ce moment où on doit sécuriser l'enfant et le parent et pouvoir faire en sorte que le parent parte l'esprit tranquille travailler et que l'enfant se sente bien pour pouvoir partir à la découverte de plein de choses pendant l'absence de ses parents.

Souvent c'est un moment très primordial qui donne le rythme de notre journée.

 

-La production de dessins, décorations, créations fait-elle partie des idées véhiculées par la crèche ? Comment organisez-vous ce type d’activité ?

 

Adèle : Etant chez les tout petits, nous ne sommes pas encore dans ce genre d’activités. Cependant, je sais que la directrice n’est pas très friande des « productions », considérant qu’avant 3 ans, un enfant ne perçoit pas encore cette dimension mais est essentiellement dans le plaisir de faire. On privilégiera souvent les œuvres collectives.

Pour ce qui est de l’organisation, les enfants sont divisés tout au long de la journée en petits groupes afin de favoriser l’individualité de chacun et permettre un meilleur accompagnement de la part des professionnelles. Chacune propose alors une activité, motrice, artistique, manuelle ou autre au petit groupe d’enfants qu’elle a en charge.

Adeline : La production de dessin et de créations oui mais sans objectif final. L’enfant fait ce qu’il veut avec le matériel qu’il choisit au préalable (pas de découpage préalable de la feuille pour donner une forme et pas de base donnée au préalable). La décoration n’est dans ce cas pas tolérée par la direction.

Mélodie : Après plusieurs réflexions et surtout lorsque nous sommes tous du même avis,  nous ne sommes pas pour la production mais pour la DECOUVERTE, et l'acquisition et le développement de leurs sens, leur imagination, leur vocabulaire, leur ouverture d'esprit...

Nous ne voulons pas mettre les enfants en échec ou devant une "activité" qu’il n'est pas encore apte à faire car il n’en a pas envie ou que son corps ne le lui permet pas ou sa sensibilité donc nous leur proposons de venir participer au moment de découverte et l'enfant participe aussi lorsqu'il observe les autres faire puis petit à  petit il aura envie peut-être? Ou bien on essaye d'adapter ce moment aux différents développements (par exemple peinture au sol, à table, debout...)

 

-Quels sont les retours des parents face aux créations de leurs enfants ? Sont-ils en demande de productions ?

 

Adèle : Même si ce n’est pas très répandu dans ma structure comme je l’ai expliqué plus haut, il arrive que l’on propose aux parents de récupérer ce que leur enfant aura fait (dessin, peinture…). Dans ce cas, ils sont en général très contents de pouvoir avoir un aperçu de la journée de leur enfant.

 

Adeline : Les parents sont fiers lorsque l’enfant leur montre sa production et aiment voir les progressions de leur enfant au travers de celles-ci mais, pour les trois-quarts, ne sont pas plus en demande que ça vis-à-vis des productions.

 

Mélodie : Oui, les parents sont en demande de créations et de productions et de ce fait on essaye de leur faire prendre conscience qu’ avant de produire il y a plein d'étapes importantes et que tous les enfants sont différents ; certains ont besoin de temps pour observer, d’autres ont envie de toucher, certains aiment pas avoir les mains sales... et surtout durant leur parcours scolaire ils auront le temps de faire des productions alors que la crèche est plus les prémisses de ça pour pouvoir faire ce que les parents ont envie ils ont besoin d'être à l’aise avec toutes les textures, odeurs, avoir la pince fine....et que pour le moment c'est chacun son rythme et sa découverte.

 

-Vous sentez-vous valorisée dans votre travail par les parents ?

 

Adèle : Pour être honnête, cela dépend. Il y a encore un certain nombre de parents qui pensent que notre travail se limite à changer les couches de leur enfant et qui n’imaginent pas le travail qui est mis en place, en amont de l’accueil et tout au long de la journée, pour accompagner l’éveil et les nombreux apprentissages des enfants accueillis. Cependant, il me semble quand même qu’une prise de conscience a lieu petit à petit, et de plus en plus de parents se montrent reconnaissants et curieux de ce que nous pouvons élaborer au sein de notre travail.

 

Adeline : Non : nous sommes considérés par la plupart comme « des nounous » c’est-à-dire des personnes présentes pour surveiller leurs enfants le temps de leur absence. Tant que tout se passe bien, ils ne sont pas en demande de ce qu’il peut se passer sur la journée, des choses mises en place pour que l’enfant progresse, se sente mieux…

 

-Si vous deviez présenter en quelques mots votre profession à une adolescente qui aime être aux contacts des enfants, comment la présenteriez-vous ?

 

Adèle : Etre auxiliaire de puériculture en crèche, c’est accompagner les enfants dans leur développement moteur et psychologique en leur proposant  des activités d’éveil adaptées, mais également les prendre en soin tout au long de la journée pour leur apporter bien-être et sécurité. La finalité de son rôle est de permettre à l’enfant d’acquérir son autonomie dans un contexte contenant, en étroite collaboration avec ses parents.

 

Mélodie: je lui expliquerais que ce n’est pas juste jouer à la poupée, mais bien plus complexe !

Effectivement, on est avec des enfants c'est chou... mais ce sont des êtres humains, de futurs adultes !

Ils ont des besoins, des envies ou le contraire pas envie, sont très sensibles, sont séparés des meilleures personnes qui peuvent s'occuper d'eux ... Leurs Parents...Ils sont au milieu d'autres enfants qui font du bruit dans la salle, dans la salle de repos en fait partout...

Les autres les embêtent, leur piquent les jeux, livres, d'autre leurs tombent dessus, leurs chipent leur doudou seul objet qui rappelle la maison et en prime quand on a faim ou on a sommeil faut réussir à faire comprendre à une inconnue voire même 4 ce qu'il a !! Et qu'il ont aucun moyen de le dire sauf de pleurer et que surtout il a pas demandé d'être là et que les parents n'ont pas eu le choix et que chaque matin lorsqu'ils nous laissent leur bébé l'être le plus important de leur vie pour eux c'est un crève-cœur et qu'ils nous envient de passer encore une journée avec leur chair et leur sang...

Alors si on est prêt à relever ce défi tous les jours, rester observatrice, à l'écoute, ouverte d'esprit, aimante, de se tracasser la tête pour trouver les meilleures solutions pour que chaque enfant et chaque parent passe une bonne journée et que tous les deux te donnent leur confiance!

Bon faut investir pour des boites de doliprane parce que bien des soirs on sort de la crèche en ayant un bon mal de tête, ou parce qu'on a bien travaillé et qu'on a relevé le défi au mieux et que demain on va faire encore mieux.

Mais juste un sourire d'un enfant, ou un enfant qui réussit à s'endormir dans tes bras et à se laisser aller, ou même voir un enfant renfermé s'éclater à ton moment peinture...ou un parent le matin qui arrive avec le sourire qui vient t'annoncer que son enfant marche... Oui on fait partie de leur vie un cours instant et quelques temps après se rappellerons même plus de toi mais si tu as réussi ce matin que le parent arrive avec le sourire son enfant lui fait un bisou et fait bye bye et à ce soir que cet enfant ferme la porte derrière son parent et qu'il repart en rigolant.

Et que tu vois jour après jour l'évolution de chaque enfant c'est merveilleux et que lorsqu’il quitte la crèche les parents te disent MERCI grâce à vous ces moments douloureux étaient moins durs. C'est une grande responsabilité mais un énorme échange et un super métier qu'il faut aimer et surtout être passionnée.

 

 

Merci à toutes les trois d'avoir bien voulu partager votre expérience d'auxiliaire de puériculture.

Je suis moi-même auxiliaire de puériculture et je dois avouer avoir trouvé une véritable passion pour le domaine de la Petite Enfance. Il est vrai que ce n'est pas un métier facile mais quel métier l'est? En tout cas pour ma part il m'apporte bien plus de bonheur que d'inconvénient.

 

Pour aller plus loin sur le métier d'auxilaire de puériculture :

 

http://www.onisep.fr/Ressources/Univers-Metier/Metiers/auxiliaire-de-puericulture/

http://www.sante.gouv.fr/auxiliaire-de-puericulture.html

http://www.enfant.com/mode-de-garde/creche/Video-creche-l-accueil-du-matin.html

 

 

 

Vous êtes auxiliaire de puériculture ou parent n'hésitez-pas à venir échanger sur ce billet...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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